Le problème à trois corps du capitalisme.Sur la gestion autoritaire du désastre (et les moyens de lui faire face)
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Par Lou Hubert
Lorsqu’elle est porteuse de protestation, la chanson a souvent pour objectif de provoquer un choc moral à celui ou celle qui l’écoute. Son histoire sociale montre qu’elle participe à l’expression de l’action collective, à la manifestation d’une appartenance commune au monde et à la conscientisation d’une domination qu’il s’agit de renverser pour s’émanciper.
Donner à voir et à entendre la parole des femmes dans l’espace public, telle est la force des trois chansons présentées dans cet article. Qu’il s’agisse de l’avortement en Pologne, des féminicides au Mexique et des retraites en France, ces chants se sont tous élevés en 2019-2020 et ils illustrent une nouvelle fois le caractère international de la lutte pour les droits des femmes. Cette dimension internationaliste se traduit par certains éléments communs aux trois chansons : le chant choral qui fait prévaloir un « nous » et un « je » universel et intemporel ; les paroles qui retournent la domination par l’expression d’une puissance féminine ; la figure du poing levé comme geste rituel symbolique du combat politique.
« Je suis debout ! » : mobilisation polonaise contre la remise en cause du droit à l’avortement
« Nous chantons sans peur » : Vivir Quintina et des femmes mexicaines contre les féminicides
On écoutera par trois fois cette chanson, à la fois si puissante et émouvante :
Et on lira aussi ci-dessous un extrait d’une interview de Vivir Quintina qui retrace le parcours et la résonance populaire de cette chanson :
« Le 7 mars, pour célébrer la journée des droits des femmes du 8 mars, j’ai eu l’honneur de chanter aux côtés d’une de mes artistes préférées : Mon Laferte, accompagnées du Palomar, un chœur de femmes, qui était dirigé par la musicienne chilienne Paz Court. Ensemble, nous avons chanté "Canción sin miedo", une chanson que j’ai écrite pour rendre visible le problème des féminicides au Mexique.
Puis est venue la marche du 8 mars à laquelle j’ai participé avec le collectif "Energía Nuclear" #Mujeresenlamúsica dont je fais partie. Plus de 200 femmes chanteuses, guitaristes, compositrices, percussionnistes, arrangeuses, etc. sont descendues dans la rue et ont scandé nos chansons. Ce jour de marche était un jour empli d’émotions : nous pleurions, nous rions, nous nous serrions dans les bras et nous chantions d’une seule voix à mesure que les rues s’emplissaient de foulards violets et verts. Sur la place centrale de la ville de Mexico, el Zócalo, j'ai chanté de nouveau"Canción sin miedo", accompagnée par la multitude de femmes qui arrivait sur la place. Elles demandaient justice, en particulier pour les victimes de féminicides, et davantage de droits, notamment la légalisation de l’avortement dans les villes où les gouvernements règnent encore sur nos corps. J’étais remplie d’espoir, d’amour, de lutte et de feu.
J’ai vu dans le visage de femmes que je ne connaissais pas une amie proche. J’ai aussi vu la fatigue et la résignation sur les visages des mères qui recherchent leurs filles disparues et qui réclament justice pour leurs mortes. Une des strophes de "Canción sin miedo" dit ceci : "Je suis Claudia, je suis Ester, je suis Teresa ; Je suis Ingrid, je suis Fabiola et je suis Valeria ; Je suis la fille que tu as enjambé de force, Je suis la mère qui maintenant pleure ses mortes".
En quittant la place Zócalo, alors que je m’éloignais de la foule, j’ai vu une corde à linge sur laquelle pendaient des drapeaux violets portant le nom de femmes disparues et mortes. Mon cœur s’est brisé et je n’ai pu retenir mes larmes. Pourquoi retenir mes larmes puisque nous avions déjà enduré tout cela ? »
« À cause de Macron, on crie Révolution ! » : des femmes françaises en lutte contre la réforme des retraites
Le 17 novembre 2025, le site de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf était envahi et mis à l’arrêt par plusieurs centaines de membres et sympathisants des organisations précitées. On lira ici le communiqué publié le jour même et on se reportera aussi, en fin d’article, au lien vers le court-métrage « Bloquer BASF » qui retrace de l'intérieur cette mobilisation et en appelle d'autres partout dans le pays. C’est en effet seulement grâce à ce genre d’actions qu’on peut espérer en finir avec « l’industrie criminelle des pesticides » et ses innombrables ravages.
L’un des membres de L’Antivol a l’esprit caustique. Sous le nom du « Satirique », un pseudo obligé pour raisons professionnelles, il nous livre ci-dessous sa 35ème série de « brèves », drôles et incisives. L’accès aux précédentes livraisons est, comme d’habitude, en fin d’article.
Ces derniers mois, L’Antivol a pris grand plaisir au déroulé des élections municipales dans la « bonne » ville de Tours.
Notre collectif est d’abord intervenu au travers de trois lettres adressées aux candidats. Le fait qu’elles soient demeurées sans réponse était évidemment attendu, mais nous voulions nous en assurer !