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Affichage des articles associés au libellé Chômage

À la une de l'Antivol

Stop Pesticides : mobilisation nationale et internationale du 3 octobre 2026 à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure)

Lors d’une précédente action contre les fabricants de pesticides, ciblant BASF, le communiqué des organisations s’achevait ainsi : « Notre colère ne s’éteindra pas sans changement profond. Nous invitons paysan·nes et habitant·es à poursuivre cette mobilisation, à converger sur les autres sites de production de pesticides et à interpeller les institutions complices de ce modèle destructeur et meurtrier. C’est ensemble que nous pourrons construire une agriculture vivante et débarrassée des poisons chimiques. » D’où l’action du 3 octobre prochain, ciblant cette fois Syngenta.

Qui était vraiment Jacques Delors ?

« Regardons ce que voile cette auréole… » On est, dès les premières lignes, prévenu. En quelques pages, bien senties et documentées, l’auteur nous brosse le portrait « non autorisé », iconoclaste, de Jacques Delors, figure centrale du tournant de 1983 et de la construction de l’Union européenne. À lire et méditer par tous ceux qui ont oublié, n’ont rien vu ou voulu voir

La Route

La littérature regorge d’ouvrages ou de textes inoubliables sur le chômage, la pauvreté, la faim. « La Route » de London en fait indiscutablement partie, ce dont témoignent ces quelques pages qui ouvrent le roman. Parfois drôles, toujours glaçantes, si proches de nous aussi…

Dette et capitalisme de connivence

Ils font le plein d’argent public, licencient, cajolent leurs actionnaires et n’ont bien sûr pas de mots trop forts contre l’État dépensier. Dans un premier temps, ils doivent donc rendre l’argent, être soumis à une conditionnalité (fiscale, sociale, écologique) pour percevoir des aides, et, cerise sur le gâteau, faire preuve d’un minimum de dignité en arrêtant leurs tartuferies. Dans une deuxième phase, ô combien nécessaire, c’est bien sûr le « cadre » lui-même qui doit être révolutionné, le dépassement du capitalisme de connivence et du capitalisme tout court constituant l’horizon obligé de l’espérance.

L’Économie politique

Eugène Pottier

Au poète et communard Eugène Pottier (1816-1887), on doit les paroles de « L’Internationale ». Mais il a nous légué bien d’autres chants révolutionnaires tels que « L’Économie politique », aussi connu sous le titre « Laissez faire, laissez passer ! ». Ironiquement dédié « Aux professeurs du Collège de France » et portant au bas la mention  « Retour d’exil. 1881. », le texte n’a rien perdu ni de sa fougue ni de son intelligence. Près d’un siècle et demi après, on y est toujours ! Un grand merci aux amis de longue date et lecteurs fidèles de l’Antivol qui nous l’ont recommandé.

Violence, quelques éléments de réflexion

L’Antivol

On en a beaucoup parlé ces derniers temps. Oui, mais.. En a-t-on vraiment questionné et mis en débat les origines, les sens, les formes, les répercussions, etc. ? Pour sortir des idées-réflexes, d’évidence ou d’injonction, l’Antivol vous propose de lire ou relire quelques textes – parmi tant d’autres ! – qui aident à penser la question de la violence. Qu’on la juge souhaitable, nécessaire, inévitable ou qu’on s’y refuse.

Un statut nommé désir

Nicolas Castel et Bernard Friot

Publié dans le numéro de janvier 2020 du Monde diplomatique, alors que le fondé de pouvoir du capital Emmanuel Macron espérait encore faire passer sa retraite à points, cet article mettait en avant un tout autre projet, fruit d’une réflexion sur l’histoire des pensions et d’une volonté de dessiner un avenir libéré des règles oppressives du capitalisme. De cette « utopie concrète », destinée à « sortir de la défaite des trente dernières années », il serait bon que les contestataires, qu’ils officient dans des partis, des syndicats ou des associations, résolument s’inspirent…

Devenir entrepreneur de soi : le développement personnel ou l’art de la soumission heureuse

Par la rédaction de Frustration Magazine

Parmi les premiers textes publiés sur le blog de L’Antivol, figurait déjà un bien bel article de Frustration magazine, au titre (et au contenu…) résolument iconoclaste : « Catastrophisme, pétitionisme ou petitsgestisme : comment se prétendre écolo et rester bourgeois ». Celui qu’on lira ci-dessous, consacré aux multiples pièges tendus par le « développement personnel », s’inscrit dans la même démarche. Il donne à voir les leurres, démythifie ou démystifie, ouvre les chemins de la désaliénation, fait en un mot œuvre politique. À lire donc avec attention et sans « coach », svp !

À propos de « Figures du communisme » de Frédéric Lordon

Par Ariane Randeau

Pour Frédéric Lordon, détruire le capitalisme est une nécessité vitale.

Dans son nouvel ouvrage, qui réunit et approfondit des textes publiés sur son blog « La pompe à phynance », il analyse et propose des voies de sortie de ce modèle qui détruit la planète, « usurpe la vie », contraint les individus à la loi du marché, à l’intranquillité matérielle permanente, au « spectacle de la précarité ». Puisqu’il faut arrêter de croire que l’on peut obtenir quelque chose du capital et de sa « démocratie » bourgeoise, Lordon condamne ce qu’il nomme le « syndicalo-syndicalisme » ou bien encore la participation aux élections et dresse les conditions de mise en œuvre d’un « communisme luxueux » qu’il appelle de ses vœux.

« Bullshit Jobs », suite et appel à contributions

Publié au début du mois de juin, l’article d’Ariane Randeau consacré au livre « Bullshit Jobs » de David Graeber a suscité un vif intérêt de la part des lecteurs de L’Antivol. C’est pourquoi nous vous proposons : 1) de lire (ou relire) ci-dessous la traduction française de l’article de l’anthropologue, paru dans Strike ! en août 2013, qui suscita tant de réactions et témoignages qu’il se décida à approfondir le sujet et à se lancer dans la rédaction de son livre ; 2) de nous faire parvenir vos propres analyses et témoignages sur ces « jobs à la con » que vous exercez ou côtoyez. Nous en ferons la synthèse et les publierons sur le blog de L’Antivol.

À Vierzon, les virtuo…ses de la contestation

Entretien avec Jean-Luc Marty, cofondateur du collectif « Vierzon Nord, hangars et tout camion, c’est non ! »

Par Lou Hubert

Marseille, Quimper, Metz, Rouen, Vierzon… De nombreuses villes en France sont touchées de plein fouet par des projets d’installation de plateformes logistiques, expressions d’un capitalisme prédateur et irresponsable. Ces installations, déjà existantes ou futures, constituent de nouveaux grands projets inutiles et imposés (GPII) : emplois ultra précaires et totalement incertains (Amazon, par exemple, prévoit à terme la robotisation complète de ses activités), gigantisme des plateformes, artificialisation des sols et pollutions notamment liées à l’intensification de la circulation automobile (véhicules utilitaires, poids lourds…), destruction des paysages renforçant la laideur des périphéries urbaines, fraude fiscale, règne sans merci des multinationales et de leurs sociétés sous-traitantes, absence de débat démocratique dans les prises de décision d’installation de ces plateformes, etc.

Le récent projet de plateforme logistique, voté à la quasi-unanimité des élus de la communauté de communes de Vierzon-Sologne-Berry, n’échappe pas à cette violence tous azimuts. Sans aucune concertation avec la population, 17 hectares de terrains publics sont en passe d’être vendus à la société Virtuo Industrial property qui projette d’installer une plateforme de 88 000 mètres carrés en lisière de la forêt solognote. Cette société est bien évidemment typique de l’ultra capitalisme, avec son slogan aussi délirant qu’archaïque : « Construire le futur, c’est développer sans limite » ! Le maire de Vierzon et le président de la communauté de communes, tous deux affiliés au PCF et adorant cumuler les mandats (comme le PDG de Virtuo Industrial Property, Grégory Blouin, qui en compte une quinzaine dans différentes sociétés - qui se ressemble s’assemble…), soutiennent mordicus le projet en jouant de l’éternel argument digne du MEDEF : le chantage à l’emploi.

Face à ce GPII, des habitant.es de Vierzon et de ses alentours se mobilisent. Au mois de novembre 2020, ils décident de constituer un collectif d’opposition au projet : « Vierzon, hangars et tout camion : c’est non ! ». Sur L’Antivol, nous avions déjà publié leur manifeste qui dénonçait le caractère antisocial, antiécologique et antidémocratique du projet. Depuis, leurs informations se précisent. Ils estiment, par exemple, que l’implantation de la plateforme générerait une forte augmentation du trafic routier, à raison de 3 350 véhicules (poids lourds, véhicules utilitaires…) en plus par jour, soit 140 véhicules par heure notamment dans l’intramuros vierzonnais.

Afin de relayer leur mobilisation qui prend aujourd’hui de l’ampleur et mieux comprendre le sens de leur action, nous avons échangé avec l’un des membres fondateurs du collectif, Jean-Luc Marty.

Kakistocratie

Ibrahim Warde

Nous publions ci-dessous l’article d’Ibrahim Warde, paru en juin 2020 dans Le Monde diplomatique (p. 28). L’auteur, professeur associé à la Tufts University (États-Unis), y retrace avec subtilité la longue histoire d’un concept méconnu, la kakistocratie ou « gouvernement par les pires ».

À propos d’Histoire de ta bêtise de François Bégaudeau (Fayard/Pluriel, 2020)

Par Ariane Randeau

« Tu penses utile, donc tu ne penses pas » (p.190) écrit François Bégaudeau à propos du bourgeois du XXIe siècle. Dans Histoire de ta bêtise, l’écrivain dresse un portrait incisif, drôle et intelligent du bourgeois « cool » qui n’a de cesse de poursuivre ses propres intérêts de classe, de se maintenir au pouvoir coûte que coûte et de faire de sa « pensée » la pensée dominante.

Comment je suis devenu une ressource humaine

Par Jean-Pierre Dautun

Pour commencer cette page « Idées », L’Antivol vous propose de lire ou relire un article de Jean-Pierre Dautun, paru dans Le Monde en 1993. Malgré son bon quart de siècle, le propos n’a pas pris une ride et il analyse, dans un mélange d’émotion et de lucidité, l’un des mots-clefs, symboles du capitalisme productiviste : tout, en effet, est appelé à y devenir chose, matériau, « ressource », l’homme y compris. À faire lire aux DRH, GRH d’entreprise ou d’administration, aux enseignants et étudiants des écoles de commerce, aux écolos de la « ressource naturelle », etc. Et ne pas oublier, bien évidemment, de bannir ce terme de votre propre langage…

« Le cri qu’on devrait entendre : “Voyez ce que le chômage fait de ses victimes. J’étais un homme : il fait de moi une “ressource humaine”.

« À moins de l’avoir vécu, on n’imagine pas ce que peut représenter le fait de tomber de la condition d’homme dans celle de ressource humaine.

« Cela m’est arrivé le jour de mon licenciement, mais je ne l’ai pas compris tout de suite, loin de là. Cela vient aussi plus tard. Avant d’être viré, on est un homme. Au moment d’être viré, on croit comprendre ce qui se passe : on pense qu’on est un homme en train d’être mis à la porte. Du tout. On se trompe. On subit une métamorphose secrète, invisible, instantanée. Apparemment, c’est le même corps, le même regard, les mêmes gestes, les mêmes capacités. En fait, sur-le-champ, on change d’état. Et cela ressemble, ma foi, à ce qui, dans les pays antiques ou barbares, faisait passer de l’homme à l’esclave. On s’aperçoit bientôt que la condition de ressource humaine guette la condition humaine moderne, comme la condition d’esclave était l'ombre portée, menaçante, permanente, de la condition d’homme libre. Il suffisait d’un revers militaire. C’est la même chose. Les revers économiques contemporains en sont la version avancée. Une défaite de ce qui remplace l’armée, une mauvaise tactique de ce qui tient lieu d’empereur, et vous voilà ressource humaine.

Coal in hands

« “Faire partie du personnel”, c’est une expression qui paraît infamante aujourd'hui. Mais rien de moins juste : elle reste noble. L’homme chassé du personnel n'est pas chassé de l’humanité. Celui qui devient une “ressource humaine”, si. Les bonnes âmes peuvent bien penser que ce langage est sédatif ; mais c’est la fidèle expression d’une barbarie à “masque” humain : sans visage. L’“humain” qu’on semble y introduire vient en chasser l’homme, aussi vrai que “humain” est adjectif et “ressource” nom. Nom “commun”. Car, tout de même, on était un homme et on devient “ressource”. Quelque chose de comparable dans sa nature à la nappe phréatique, à un “gisement”, – mot pertinent s’il en est. On rejoint un gisement, ce qui comme chacun le sait est un empilement de couches écrasées les unes sur les autres et les unes par les autres dans le sein obscur de la terre – un stock. Et on ne dépend plus que du trépan, de la foreuse qui vous extraira du gisement. À sa guise. À son rythme. Pas au vôtre. A-t-on déjà vu un bloc de charbon, ou une pépite d'or, même un diamant, aller réclamer que ce soit son tour d’être extrait ? La matière en cela fait preuve d’une sorte de sagesse qui semble étrangère à l’esprit le plus fin.

« Le jour où j’ai compris mon sort de mon pépite, j’ai compris aussi que ce n’était pas à moi de chercher la foreuse ; qu’il me restait autant de chances de retrouver un emploi que j’en ai de gagner au Loto. Ici comme là, il me faut attendre que le destin veuille bien me désigner pour cible de ses visées, si c’est mon tour – ce qui s’appelle la chance ou le hasard, selon les esprits.

« Et tel est le scandale qui rend aujourd’hui un humaniste inconsolable : que la survie sociale soit désormais, comme elle le fut aux époques qu’on lui a appris à nommer barbares, une affaire avant tout de “chance”. De compétences, de savoir, plus question. Chercher du travail est une activité pénible. Mais ce n’est que dramatique. Ce qui est terrible, c’est que ce drame s’enlève sur un fond “tragique”, et qui est celui-ci : qu’il ne dépende que du “sort” qu’on survive ou meure, voilà précisément le fait que ce qu’on appelle une “civilisation” avait pour mission d’éviter. Joli bilan. Voilà pourquoi le chômage n'est pas seulement une maladie économique : c’est un scandale de civilisation. »

Première publication dans Le Monde, 13 mars 1993.