Les municipales tourangelles, vues depuis L’Antivol
Ces derniers mois, L’Antivol a pris grand plaisir au déroulé des élections municipales dans la « bonne » ville de Tours.
Notre collectif est d’abord intervenu au travers de trois lettres adressées aux candidats. Le fait qu’elles soient demeurées sans réponse était évidemment attendu, mais nous voulions nous en assurer !
De son côté, notre ami Le Satirique est également intervenu à travers plusieurs brèves de son cru dont voici quelques exemples sélectionnés dans sa mini-chronique « Tours au jeu des chaises municipales ».
En janvier
- Après avoir (un peu) hésité, l’association C’est au Tour(s) du Peuple (CATDP) a décidé de rejoindre la liste du maire sortant, Emmanuel Denis, plutôt que celle de La France Insoumise (LFI). D’aucuns ont bien ri et ont sur-le-champ renommé l’association : C’est au Tour(s) du Poste… de Claude Bourdin !
- Contrairement à 2020, LFI a choisi cette fois de monter sa propre liste de « gauche (plus) radicale »; baptisée « Faire mieux pour Tours » (c’est pô gentil pour Emmanuel ça !), elle sera conduite par Marie Quinton, alias Sainte-Marie de l’Incarnation Insoumise, adjointe au logement du maire Denis depuis 2020 et suppléante de Charles Fournier, député écologiste de Tours, depuis 2022. Ne pas oublier non plus son mandat métropolitain et ses 19 fonctions de représentation 2020-2025 liées à son mandat d’élue municipale (télécharger ici le tableau issu des données officielles en ligne sur le site de la Ville
- L’ex-socialiste Alain Dayan, qui ne s’est jamais vraiment remis de la défaite de son camp en 2014, fait depuis décembre l’objet d’une procédure d’exclusion de « Place publique », le parti de Raphaël Glucksmann, alias Gluglu le Démaglu. Après avoir songé à mener sa propre liste, Dayan y a en effet renoncé et rejoint celle de Benoist Pierre, officiellement candidat depuis septembre dernier après qu’il a lui-même quitté une autre liste, celle d’Henri Alfandari (voir ci-dessous). Curieux tout de même, cette manie de quitter des listes…
- Henri Alfandari, le député (Horizons) de Loches, veut donc lui aussi devenir maire de Tours : que dire sinon que la campagne ne marche pas fort et que donc, comme le veut l’adage d’ici, « il est pas rendu ! »
- À la liste d’Emmanuel Denis, peuplée de toutes sortes de sigles mous, il a été récemment posé la question capitale suivante : « La majorité municipale pourrait-elle dresser la liste et le bilan chiffré de ses partenariats avec Bouygues, Eiffage et consorts ? ».
En mars
- S’il est réélu, Emmanuel Denis promet, avec Charles Fournier le député de Tours, de proposer une modification de la loi sur le droit de réquisition afin de donner des pouvoirs identiques au maire et au préfet dans l’utilisation de ce droit pour loger les personnes sans abri. Si ce n’est pas du foutage de g…, ça y ressemble ! Primo, Emmanuel ayant été élu en 2020 et Charles en 2022, pourquoi n’ont-ils pas engagé ce chantier législatif plus tôt ? Deuxio, le maire Denis aurait déjà pu utiliser son pouvoir de réquisition actuel, ce qu’il s’est bien gardé de faire ! Tertio, pendant ce temps, les hébergé.e.s d’urgence ou laissé.e.s à la rue continuent leur calvaire...
- Les journalistes chiens de garde sévissent aussi au niveau local. Il suffit pour s’en convaincre de lire, écouter, voir Pierre Veillé de La Nouvelle République, Mikaël Texier de Val de Loire TV, Mathieu Guia d’Info Tours et 37 degrés qui, dans leur « couverture » de la campagne, rivalisent de questions ou de commentaires oiseux et légitimistes. Qui gagnera la course des petits chevaux ?, tel est, en résumé, leur prêt-à-ne-pas-penser.
D’autres brèves que Le Satirique prépare
- C’est au Tour(s) du Peuple, rebaptisée durant la campagne C’est au Tour(s) du Poste, a comme on pouvait s’en douter gagné son pari : Claude Bourdin est devenu adjoint de quartier, en 21ème et dernière position sur la liste des adjoints. Ce que de mauvais esprits ont jugé une bien piètre récompense au regard des efforts déployés et de la passion pour la Culture (adjointe) d’icelui. Un peu plus, ce n’était plus C’est au Tour(s) du Poste mais C’est au Tour(s) du Placard !
- Sur la liste d’Emmanuel Denis « Tours inspire », certains ont pu remarquer plusieurs absent.e.s. Deux anciens élus, Bertrand Renaud et Maxence Brandt, ont disparu, ce qui représente évidemment une perte – je pèse mes mots – « irréparable ». Une autre absence est notable : Cathy Münsch (anciennement Münsch-Masset) a simplement – disons-le à haute voix – tourné la page.
- Alors que rassemblée, la droite (Bouchet, Pierre, Alfandari) pouvait tout à fait l’emporter, elle s’est avérée incapable de s’unir ni au premier ni même au second tour. On peut difficilement faire plus égocentré et stupide…
Au total donc, et au vu des résultats définitifs qui reconduisent les mêmes ou quasi, on ira lire ou relire la nouvelle de Maupassant, « Un coup d’État », récemment publiée sur notre blog, qui illustre avec talent la maxime « il faut que tout change pour que rien ne change ». Mais on pourra aussi se délecter de cette annonce de Pierre Dac : « À céder collection affiches électorales toutes teintes, représentant 300 kilos papier. La même, moins les promesses tenues : 299 kil. 750. Faire offres. » (Les petites annonces de l’os à moelle. L’intégrale, Le Cherche Midi, 2013, p. 175)
Ces derniers mois, L’Antivol a pris grand plaisir au déroulé des élections municipales dans la « bonne » ville de Tours.



Nous avions déjà republié son remarquable « Reconnaître la Palestine n’arrêtera pas le génocide à Gaza, les sanctions contre Israël le feront ». Nous le retrouvons aujourd’hui, à travers ce nouvel article, toujours crucial et courageux. Il a été publié dans le numéro d’octobre 2025 du Monde diplomatique, dans une traduction de l’anglais assurée par Benoît Bréville.
Le 17 novembre 2025, le site de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf était envahi et mis à l’arrêt par plusieurs centaines de membres et sympathisants des organisations précitées. On lira ici le communiqué publié le jour même et on se reportera aussi, en fin d’article, au lien vers le court-métrage « Bloquer BASF » qui retrace de l'intérieur cette mobilisation et en appelle d'autres partout dans le pays. C’est en effet seulement grâce à ce genre d’actions qu’on peut espérer en finir avec « l’industrie criminelle des pesticides » et ses innombrables ravages.