À la une de l'Antivol

Publication de L’Antivol-papier n° 22, avril-juin 2026

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le nouveau numéro de L’Antivol-papier, correspondant au deuxième trimestre 2026, vient de paraître. Il est toujours gratuit et contient des articles qui, nous l’espérons, vous intéresseront autant que les précédents.

Quand l’abeille disparaîtra

Par Laurent Guibert

Tout le monde connaît cette phrase… vraisemblablement apocryphe.

Tout le monde connaît aujourd’hui les problèmes que rencontre apis mellifera dite abeille mellifère : insecticides, fongicides, herbicides, varroases (acariens qui sucent l’hémolymphe des abeilles), frelons asiatiques, monoculture, urbanisation galopante, jardins-cimetières…

Tout le monde connaît cette phrase… vraisemblablement apocryphe.

Tout le monde connaît aujourd’hui les problèmes que rencontre apis mellifera dite abeille mellifère : insecticides, fongicides, herbicides, varroases (acariens qui sucent l’hémolymphe des abeilles), frelons asiatiques, monoculture, urbanisation galopante, jardins-cimetières…

Ce que l’on sait moins, c’est qu’une abeille ne produira que 0,1g de miel de toute sa vie ; qu’en été, épuisée par un travail incessant, elle ne vivra que 4 à 6 semaines ; que les reines qui vivaient jadis 4 à 5 ans ne vivent plus que 2 ans aujourd’hui…

Ce que l’on sait moins aussi, c’est que l’abeille mellifère ne pollinise que 15 à 20% des cultures contrairement aux abeilles solitaires ou sauvages (voir le très beau livre de notre entomologiste local Arnaud Ville) qui pollinisent, elles, 60 à 75% des cultures, tout en étant en train de disparaître victimes des mêmes fléaux que l’abeille mellifère…

Et, en plus, ces abeilles solitaires ou sauvages (osmies, xylocopes, plus de 20 000 espèces dans le monde) subissent la concurrence de l’abeille mellifère qui leur enlève de quoi manger…

Ce que l’on sait moins aussi, c’est que l’homme a créé et modifié génétiquement des abeilles plus douces et plus productives, telle la fameuse Buckfast…

Ce que l’on sait encore moins, c’est que certains apiculteurs « dopent » (à la Lance Armstrong) leurs abeilles en les nourrissant de glucose au printemps…

Et qu’aujourd’hui, on offre des ruches peuplées à Noël, pour un anniversaire, bref la chasse au grand n’importe quoi : l’abeille n’est pas un animal de compagnie.

Et qu’aujourd’hui trouver du vrai miel dans un hypermarché, c’est comme trouver de l’humanisme chez un militant FN ou Renaissance.

Beaucoup d’apiculteurs, cependant, sont de vrais poètes et savent lire leurs ruches…

Quelques mots enfin, en passant, sur la loi biodiversité : une coquille vide de la devise « travail, famille, patron » (M. Macron pour l’état-civil) et merci à M. Fesneau, ministre de l’Agriculture et « ami » de la FNSEA qui a réintroduit les néonicotinoïdes, vrai tueur d’abeilles…

Comme le disait Yves Paccalet, collaborateur du commandant Cousteau, dans son livre : « L’humanité disparaîtra, bon débarras ». Et ça ce n’est pas apocryphe.

Laurent Guibert, citoyen du monde et voleur de miel parfois
28/08/2024

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