À la une de l'Antivol

Libertà, photos corses

Par Lou Hubert et La Rédaction

Dans la Médiathèque radicale de L’Antivol, il manquait un médium pourtant fort usité et populaire : la photographie. L’oubli est désormais réparé, grâce à cette mini-série corse, en noir et blanc ou couleurs, de Lou Hubert. Prises en mai-juin 2022 d’un bout à l’autre de l’île de Beauté, en pleine chaussée ou à un croisement de routes, sur un mur de village, de ville ou de couvent abandonné, ces photographies illustrent une constance de plus de deux siècles et demi, du fondateur de la République corse Pasquale Paoli aux figures contemporaines – vivantes ou défuntes – de l’autonomie et de l’indépendance. Et pour compléter ces vues de l’aspiration à la « libertà », aussi bien que se libérer des clichés qui encombrent et obscurcissent tant d’esprits îliens ou continentaux, on lira L’autre Enquête corse (L’aube, 2019) de Jean-François Bernardini, le chanteur et auteur-compositeur du groupe I Muvrini. Le fil interprétatif suivi dans cet essai, bien résumé dans son sous-titre « Le trauma Corsica-France », s’avère on ne peut plus salutaire…

« Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas faire »

Par Jacques Luzi

Après s’être adressé à Elon Musk sous la figure d’un Martien conjurant ce dernier de ne pas venir saccager sa planète, Jacques Luzi explique ce qu’est l’intelligence artificielle et ce qu’elle ne pourra pas faire.

Après s’être adressé à Elon Musk sous la figure d’un Martien conjurant ce dernier de ne pas venir saccager sa planète, Jacques Luzi explique ce qu’est l’intelligence artificielle et ce qu’elle ne pourra pas faire. Au-delà d’hypothèses prudentes sur les limites « émotionnelles » des IA, Luzi insiste sur les nuisances certaines de leur développement : sophistication et dangerosité accrues des armements, aggravation de l’impact écologique destructeur du numérique, dégradation du travail humain. Refusant de peser les « bons » et les « mauvais » côtés de chaque innovation promise à coups de milliards, il montre que l’intelligence artificielle ne peut pas participer à la venue d’un monde meilleur.

La vérité de l’intelligence artificielle, accessible à tout être encore doué de raison, ne réside pas dans les vaines promesses de maîtrise machinale de la puissance des machines, ni dans la garantie face aux « risques existentiels », ni dans d’éventuels superpouvoirs futurs. Elle réside dans les rapports humains et les rapports à la nature qu’elle cristallise en elle dès aujourd’hui. Dans les champs de bataille robotisés. Dans l’exploitation des travailleurs du clic destinée à l’apprentissage des machines. Dans l’enfer taylorien vécu par les ouvriers qui qui fabriquent les supports matériels des algorithmes « intelligents » (ordinateurs, smartphones, tablettes, etc.) et les infrastructures géantes qui relient ces supports (satellites, câbles sous-marins intercontinentaux, centre de données, etc.). Dans les mines où des prolétaires de nombreux pays extraient et traitent, au péril de leur santé et de leurs vies, les métaux nécessaires à tout ce système numérique. Dans l’hyper-connexion des producteurs bénévoles de données, dans la précocité de leurs addictions numériques, dans leur adaptation spontanée à la surveillance intégrale.

Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas faire (128 pages, 14 euros) est disponible en librairie ou par correspondance aux Éditions La Lenteur, Le Batz, 81140, Saint-Michel-de-Vax. Participation libre aux frais d’envoi bienvenue.

Enseignant en économie, Jacques Luzi fait partie du comité de rédaction de la revue Écologie & Politique. Il a publié en 2019, à La Lenteur, une essai intitulé Au rendez-vous des mortels. Le déni de la mort dans la culture moderne, de Descartes au transhumanisme.

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Le consentement israélien au génocide

Nous avions déjà republié son remarquable « Reconnaître la Palestine n’arrêtera pas le génocide à Gaza, les sanctions contre Israël le feront ». Nous le retrouvons aujourd’hui, à travers ce nouvel article, toujours crucial et courageux. Il a été publié dans le numéro d’octobre 2025 du Monde diplomatique, dans une traduction de l’anglais assurée par Benoît Bréville.

Les Brèves du Satirique, novembre 2025

L’un des membres de L’Antivol a l’esprit caustique. Sous le nom du « Satirique », un pseudo obligé pour raisons professionnelles, il nous livre ci-dessous sa 30ème série de « brèves », drôles et incisives. L’accès aux précédentes livraisons est, comme d’habitude, en fin d’article.

Bloquer BASF

Le 17 novembre 2025, le site de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf était envahi et mis à l’arrêt par plusieurs centaines de membres et sympathisants des organisations précitées. On lira ici le communiqué publié le jour même et on se reportera aussi, en fin d’article, au lien vers le court-métrage « Bloquer BASF » qui retrace de l'intérieur cette mobilisation et en appelle d'autres partout dans le pays. C’est en effet seulement grâce à ce genre d’actions qu’on peut espérer en finir avec « l’industrie criminelle des pesticides » et ses innombrables ravages.