À la une de l'Antivol

Sur « Les lumières sombres »

Fidèle lecteur et auteur de L’Antivol, Gilles nous offre ici ses notes de lecture du livre d’Arnaud Miranda « Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire », publié en janvier 2026 dans une coédition Gallimard-Le Grand Continent. Une synthèse précieuse et… édifiante !

« Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas faire »

Par Jacques Luzi

Après s’être adressé à Elon Musk sous la figure d’un Martien conjurant ce dernier de ne pas venir saccager sa planète, Jacques Luzi explique ce qu’est l’intelligence artificielle et ce qu’elle ne pourra pas faire.

Après s’être adressé à Elon Musk sous la figure d’un Martien conjurant ce dernier de ne pas venir saccager sa planète, Jacques Luzi explique ce qu’est l’intelligence artificielle et ce qu’elle ne pourra pas faire. Au-delà d’hypothèses prudentes sur les limites « émotionnelles » des IA, Luzi insiste sur les nuisances certaines de leur développement : sophistication et dangerosité accrues des armements, aggravation de l’impact écologique destructeur du numérique, dégradation du travail humain. Refusant de peser les « bons » et les « mauvais » côtés de chaque innovation promise à coups de milliards, il montre que l’intelligence artificielle ne peut pas participer à la venue d’un monde meilleur.

La vérité de l’intelligence artificielle, accessible à tout être encore doué de raison, ne réside pas dans les vaines promesses de maîtrise machinale de la puissance des machines, ni dans la garantie face aux « risques existentiels », ni dans d’éventuels superpouvoirs futurs. Elle réside dans les rapports humains et les rapports à la nature qu’elle cristallise en elle dès aujourd’hui. Dans les champs de bataille robotisés. Dans l’exploitation des travailleurs du clic destinée à l’apprentissage des machines. Dans l’enfer taylorien vécu par les ouvriers qui qui fabriquent les supports matériels des algorithmes « intelligents » (ordinateurs, smartphones, tablettes, etc.) et les infrastructures géantes qui relient ces supports (satellites, câbles sous-marins intercontinentaux, centre de données, etc.). Dans les mines où des prolétaires de nombreux pays extraient et traitent, au péril de leur santé et de leurs vies, les métaux nécessaires à tout ce système numérique. Dans l’hyper-connexion des producteurs bénévoles de données, dans la précocité de leurs addictions numériques, dans leur adaptation spontanée à la surveillance intégrale.

Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas faire (128 pages, 14 euros) est disponible en librairie ou par correspondance aux Éditions La Lenteur, Le Batz, 81140, Saint-Michel-de-Vax. Participation libre aux frais d’envoi bienvenue.

Enseignant en économie, Jacques Luzi fait partie du comité de rédaction de la revue Écologie & Politique. Il a publié en 2019, à La Lenteur, une essai intitulé Au rendez-vous des mortels. Le déni de la mort dans la culture moderne, de Descartes au transhumanisme.

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