À la une de l'Antivol

Libertà, photos corses

Par Lou Hubert et La Rédaction

Dans la Médiathèque radicale de L’Antivol, il manquait un médium pourtant fort usité et populaire : la photographie. L’oubli est désormais réparé, grâce à cette mini-série corse, en noir et blanc ou couleurs, de Lou Hubert. Prises en mai-juin 2022 d’un bout à l’autre de l’île de Beauté, en pleine chaussée ou à un croisement de routes, sur un mur de village, de ville ou de couvent abandonné, ces photographies illustrent une constance de plus de deux siècles et demi, du fondateur de la République corse Pasquale Paoli aux figures contemporaines – vivantes ou défuntes – de l’autonomie et de l’indépendance. Et pour compléter ces vues de l’aspiration à la « libertà », aussi bien que se libérer des clichés qui encombrent et obscurcissent tant d’esprits îliens ou continentaux, on lira L’autre Enquête corse (L’aube, 2019) de Jean-François Bernardini, le chanteur et auteur-compositeur du groupe I Muvrini. Le fil interprétatif suivi dans cet essai, bien résumé dans son sous-titre « Le trauma Corsica-France », s’avère on ne peut plus salutaire…

Contre l’alternumérisme

Julia Laïnae et Nicolas Alep

Voici un livre que nous recommandons à tous les humains dont la vie est chaque jour davantage colonisée par le numérique, façon Gafam ou « alter ». Vif, documenté, démystificateur, cet essai – publié chez nos amis de La Lenteur et dont c’est la deuxième édition (2020, 2023) – devrait ravir les esprits libres et irriter tous les doxosophes, où qu’ils se nichent…

À mesure que l’informatisation galopante de la société se révèle une source infinie de nuisances, une myriade d’acteurs nous serinent qu’un autre numérique (r)est(e) possible : plus humain, plus écologique, plus transparent, plus coopératif. Les Gafam n’ont qu’à bien se tenir, les alternuméristes se font fort de convertir la mégamachine à profits qu’est Internet en outil convivial au service de la démocratie, du sauvetage de la planète, du bien-être de tous.

Dans ce bref essai mordant, Julia Laïnae et Nicolas Alep taillent un costume mérité aux bureaucrates verts de l’Ademe et du Shift Project, au « filousophe » Bernard Stiegler, aux tenants du logiciel libre, de l’open data et de la civic tech. Ils réaffirment une position encore insoutenable pour bon nombre de nos contemporains : défendre la vie sur Terre et la liberté humaine implique nécessairement de désinformatiser le monde.

Julia Laïnae, membre des Décâblés, est étudiante en philosophie et apprentie herboriste. Nicolas Alep, membre de Technologos, est informaticien en rupture de ban.

L’ouvrage (144 pages, 10€) est disponible en librairie ou par correspondance auprès des Éditions La Lenteur, Le Batz, 81140 Saint-Michel-de-Vax.

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Nous avions déjà republié son remarquable « Reconnaître la Palestine n’arrêtera pas le génocide à Gaza, les sanctions contre Israël le feront ». Nous le retrouvons aujourd’hui, à travers ce nouvel article, toujours crucial et courageux. Il a été publié dans le numéro d’octobre 2025 du Monde diplomatique, dans une traduction de l’anglais assurée par Benoît Bréville.

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L’un des membres de L’Antivol a l’esprit caustique. Sous le nom du « Satirique », un pseudo obligé pour raisons professionnelles, il nous livre ci-dessous sa 30ème série de « brèves », drôles et incisives. L’accès aux précédentes livraisons est, comme d’habitude, en fin d’article.

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