À la une de l'Antivol

Sur « Les lumières sombres »

Fidèle lecteur et auteur de L’Antivol, Gilles nous offre ici ses notes de lecture du livre d’Arnaud Miranda « Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire », publié en janvier 2026 dans une coédition Gallimard-Le Grand Continent. Une synthèse précieuse et… édifiante !

« Pauvre Martin », de Brassens à La Cavale

Par Lou Hubert

Sortie en 1953, la chanson de Georges Brassens « Pauvre Martin » témoignait de la pauvreté et de l’invisibilité du monde paysan. Presque 70 ans plus tard, le groupe parisien La Cavale nous en livre une nouvelle adaptation.

Leur inspiration vient d’une manifestation, en mai 2018, du collectif « Hors-Norme » de Bretagne, qui dénonçait les effets destructeurs de la bureaucratie sur les paysans. Ajoutant des paroles au texte de Brassens, La Cavale explique ainsi le sens de sa création : « Dans notre version, nous avons voulu parler des Pauvres Martins d’aujourd’hui, victimes de la mise aux normes industrielles qui menace d’extinction les petites fermes. »

À voir, écouter donc, puis lire et relire les paroles que nous avons retranscrites plus bas…

Avec une bêche à l’épaule, avec à la lèvre un doux chant
Avec à la lèvre un doux chant, avec à l’âme un grand courage
Il s’en allait trimer aux champs
Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps !
Pour gagner le pain de sa vie,
De l’aurore jusqu’au couchant,
De l’aurore jusqu’au couchant,
Il s’en allait bêcher la terre en tous les lieux, par tous les temps.
Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps !
Sans laisser voir sur son visage
Ni l’air jaloux ni l’air méchant,
Ni l’air jaloux ni l’air méchant
Il retournait le champ des autres
Toujours bêchant, toujours bêchant !
Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps !
Pauvre Martin, pauvre forçat
Qui du temps de Georges louait tes bras
Avant que l’histoire ne t’efface
Qu’elle mette une machine à ta place
Et les fermiers qui t’employaient
Sont devenus des exploitants
Qu’on force à sacrifier la terre, les bêtes et l’honneur paysan…
Au rendement.
Et les fermiers qui t’employaient
Sont devenus des exploitants
Qu’on force à sacrifier la terre, les bêtes et l’honneur paysan…
Au rendement.
Pauvre de ceux partis en guerre
Contre le temps contre la terre
Et les paysans
Et quand il n’a plus su pourquoi
Il allait labourer ses champs
Il allait labourer ses champs
Il creusa lui-même sa tombe,
En faisant vite, en se cachant…
Il creusa lui-même sa tombe,
En faisant vite, en se cachant
Et s’y étendit sans rien dire,
Dans nos silences indifférents
Pauvre de ceux partis en guerre contre le temps, contre la terre,
Pauvre Martin, pauvre misère,
Crève la terre
Crève la terre
Crève la terre
Et les paysans.

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