Tandis que devant eux, déambulait la foule,
Quatre petits papys papotaient ardemment,
Les deux mains sur leur canne et le cul sur un banc,
Sereins face à la vie qui lentement s'écoule.
Conscients d'avoir vécu, chanceux, avant la houle,
Du temps où la retraite était à soixante ans,
Ils adhéraient en chœur à chacun des slogans
Brandis pour dénoncer les libertés qui coulent.
Eux qui s'étaient battus pour le droit de partir
En retraite avant d'être à deux doigts de mourir,
Refusaient que ce droit ne soit pas respecté.
À défaut de marcher, ce qu'ils ne pouvaient plus,
Ils brandissaient leur canne à la vue de la rue
Pour montrer qu'eux aussi, étaient déterminés.